Travail

Pour cette partie, j’ai remis mon témoignage de Décembre 2016 :

Je travaille dans la même entreprise depuis presque 9 ans, dans le milieu ordinaire et je n’ai pas fait reconnaître mon statut de travailleur handicapé ce qui implique que mon entourage professionnel n’a pas connaissance de mes troubles et fait de moi un travailleur lambda.

J’ai su acquérir des compétences et un savoir-faire pour être reconnu dans mon poste avec des augmentations de salaire régulières et davantage encore, en ayant une promotion tout récemment.

Je me considère comme un pilier dans mon service et ma hiérarchie est très satisfaite de mon travail.

Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas avec des périodes de doutes, de compétition entre collègues, un mal être à gérer de temps en temps mais je tiens le coup.

Le travail a toujours été important pour moi, pour la reconnaissance,  pour le revenu, pour être Monsieur tout le monde et me prouver ainsi qu’aux autres que l’on peut réussir malgré nos difficultés.

Cette question m’a souvent taraudé : « comment serai-je jugé par les autres si je ne travaillais pas sans expliquer les causes de mon invalidité ? » alors je préfère travailler ….

J’ai la chance de faire un métier intéressant et pas trop pénible physiquement.

Il faut quand même être opérationnel et à l’écoute mais mon entourage est indulgent dans mes moments de fatigue.

Et puis, j’apprécie de bons moments à partager dans le milieu professionnel !

Toutefois, je comprends que beaucoup de malades psychiques ne puissent pas travailler : manque de motivation, d’intérêt, concentration, pénibilité, besoin de sommeil … autant de raisons pour ne pas s’intégrer dans le milieu du travail. Je rajouterai, et ce n’est pas des moindres, les hallucinations qui sont contraires au bon exercice d’un métier ou bien savoir les apprivoiser et se trouver des stratégies sans paraître « bizarre » et pour ne pas être reconnu comme malade psychique, montré du doigt encore aujourd’hui.

Je ne le dis pas principalement à mon employeur pour ne pas que ça me crée de la paranoïa supplémentaire, pour l’image que ça donne aussi … Ce qui est relayé dans les médias ne donne pas un bon écho au malade.

J’ai toujours été battant et respectueux des horaires, même fatigué, avec un traitement lourd parfois. C’est ce qui m’a sauvé vraisemblablement, l’esprit battant et compétiteur, comme au judo que j’ai pratiqué très longtemps.

Si vous voulez travailler,  il faut combattre certains jours,  parfois des mois. Il y aura toujours des hauts et des bas mais c’est si bon d’être comme tout le monde. Il faut, à mon avis, être discret sur ses troubles mais ça reste à confirmer. Trouver votre voie et le reste suivra.

Il existe des formations,  je me suis re-formé quelques années après mes premières crises, tout est possible. Faites-vous aider et bâtissez des projets. N’abandonnez pas, jamais. Le courage est le maître mot. Je vous ai donné un peu mon avis sur le travail. N’hésitez pas à revenir vers moi !